Pour la laïcité en Europe - Paris 14 septembre 2008

Georges Liénard, Secrétaire Général
mardi 9 décembre 2008
par cilalp_2
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Chers amis

On prend presque les mêmes et on recommence.

J’étais ici à Paris le 24 août 1997 lors de la visite d’un pape (le précédent) pour, dans des circonstances semblables, vous exprimer l’attachement de la Fédération humaniste européenne à la laïcité, pas seulement en France, mais dans toute l’Europe, "Pour une Europe humaniste et laïque au 21è siècle". Nous voici donc plus de 10 ans plus tard placés devant une situation semblable.

Ma foi, (pardonnez moi l’expression) si la visite du pape avait pour seul objet d’entretenir, dans l’esprit de la partie la plus crédule de ses fidèles, la croyance aux miracles, aux apparitions et au surnaturel afin de les aider par ce biais à surmonter les difficultés de leur existence, si c’était de cela et seulement de cela qu’il s’agissait, sans doute pourrait on, disons sinon admettre, au moins pardonner aux responsables politiques leur attitude. Encore que financer une manifestation d’anniversaire qui repose sur le surnaturel n’est pas le meilleur moyen de promouvoir une éducation responsable.

L’appui de politiques à ce genre de manifestation est lié à l’espoir de ne pas s’aliéner cette partie de l’électorat mais elle repose aussi sur un surprenant paradoxe.

L’attitude de nombreux politiques, ici et ailleurs, donne à penser qu’ils considèrent encore que les Églises ont vocation à "éclairer la société toute entière", alors qu’à l’évidence la majorité de nos concitoyens, dans la plupart des pays européens, ne pratiquent plus guère et ne suivent plus les consignes de vie dictées par les Églises.

Nous ne sommes pas dupes, cette visite a d’autres objectifs que ceux que nous entendons.

Le pape et son entourage visent bien plus haut et tout autre chose, dans les différents pays, mais également dans l’Union européenne. Georges Liénard - JPEG - 51.7 ko

La haute hiérarchie de l’Église entend récupérer par le truchement des institutions politiques, sa perte d’influence dans la population sur les importantes questions de société liées au début et à la fin de la vie humaine, l’avortement, la contraception, la famille, les recherches scientifiques notamment en bioéthique, etc…

Sans l’avoir écrit noir sur blanc, l’Union européenne ne reconnaît, ni ne salarie aucun culte, comme en France d’ailleurs. Et pourtant, voyez ce qui se trame. Les trois présidents, de la Commission européenne, du Parlement européen et du Conseil des ministres ont pris pour habitude, à l’initiative de l’Autriche, de recevoir officiellement ensemble les représentants des Églises.

Les sujets soulevés par ces hauts dignitaires ne concernent pas la liberté religieuse, et pas davantage d’entraves éventuelles à la libre expression des croyances religieuses.

Rien de tout cela. Il s’agit de questions de société comme l’aide au développement, la famille, la globalisation, les changements climatiques, le terrorisme,…

Sur un plan très concret, il faut savoir les sommes dépensées avec de l’argent public européen, dans le cadre de l’aide au Tiers monde, sont d’un tout autre ordre de grandeur que les montants dépensés pour cette visite papale. Chacun comprend aisément l’intérêt financier pour les Églises et les associations qui leur sont liées.

Ainsi on comprend mieux le cadre général dans lequel cette visite s’inscrit.

Chers amis, aujourd’hui l’enjeu en Europe consiste à ne pas permettre ce que la COMECE (la commission des évêques européens) réclame et que son président rappelait récemment dans une intervention, à savoir, sous couvert d’ouverture et de dialogue, formaliser des relations directes et étroites avec les autorités politiques européennes et, dans la foulée, obtenir des moyens pour permettre aux Églises de développer ses propres projets en Europe et dans le monde.

Manquant de ressources (sic), la COMECE réclame la création de structures permanentes au sein des trois institutions européennes, le Parlement européen, la Commission et le Conseil européen. Une manière habile de pouvoir intervenir plus directement dans les institutions, notamment sur les questions éthiques et plus généralement sur les questions de société.

Le côté spectaculaire de la visite papale est un épisode qui ne peut et ne doit pas occulter ces manœuvres qui se déroulent au plus haut niveau en Europe. En d’autres termes, si les plus hautes autorités de ce pays mettent l’accent sur l’aspect religieux de la visite, c’est pour, osons le dire, éviter d’aborder publiquement le rôle politique occulte de ce chef d’un soi disant État, par ailleurs non membre de l’Union européenne.

La question qui se pose à nous, comme laïques, comme humanistes et défenseurs du principe de laïcité, déborde largement du seul aspect du financement public de cette visite. Non seulement en France mais dans les différents pays européens. Elle ne peut trouver réponse de notre part dans un seul pays.

C’est pourquoi la FHE se préoccupe, depuis sa fondation il y a une quinzaine d’années, d’y apporter réponse au niveau européen, dans la mesure de ses moyens.

La FHE et ses associations membres de toute l’Europe me chargent d’apporter à ses amis français son soutien. Tous sont conscients que, seul, isolé, dans chaque pays, nous ne pouvons pas grand chose.

Soyons clairs et constatons que l’enjeu dépasse chacune de nos associations.

Je n’ai aucune recette miracle à proposer si ce n’est qu’à évoquer l’exemple d’une action commune récente avec l’aide de parlementaires européens qui a conduit le pape à ne pas accepter l’invitation de s’adresser cette année au Parlement européen en séance publique. On dit en coulisse que le pape a rejeté l’invitation du président, trouvant l’Union devenue trop laïque notamment en ne mentionnant pas "dieu" dans le préambule du projet de traité.

Je terminerai sur deux observations :

S’il est vrai qu’il n’y a pas de recettes miracles, on ne peut s’empêcher de remarquer que, sans de solides concertations dans l’action, on risque bien de se retrouver dans une dizaine d’années, comme en 1997 et comme aujourd’hui, sans doute plus avec les mêmes, mais pour recommencer le même cérémonial.

Enfin, ne pourrait-on faire comprendre au président Sarkosy et à son entourage que confondre le dialogue avec les religions avec l’intervention des Églises dans la vie publique est non seulement "une erreur culturelle et intellectuelle" mais surtout un grave manque de discernement.


Brèves

Italie : pas de crucifix dans les écoles

jeudi 5 novembre 2009

Nos amis de la Fédération Italienne de Libre Pensée « Giordano Bruno » nous font parvenir cette importante nouvelle :

Corte Europea : Niente crocifissi a scuola

Il crocifisso nelle aule scolastiche viola la libertà di coscienza degli alunni e fa dello Stato il propagatore di una fede. Il che è incompatibile con i valori della democrazia laica.

E’ quanto ha stabilito la Corte di Strasburgo, che ha dato ragione alla signora Soile Lautsi, cittadina italiana originaria della Finlandia, che nel 2002 aveva chiesto all’istituto statale "Vittorino da Feltre" di Abano Terme (Padova), frequentato dai suoi due figli (Dataico e Sami Albertin), di togliere i crocefissi dalle aule. Non avendo trovato soddisfazione dai tribunali amministrativi italiani, la signora Lautsi si è rivolta alla Corte Europea, che oltre a stabilire che nelle aule scolastiche non possono esserci simboli di fede, ha anche condannato l’Italia ad risarcimento di 5000 euro per danni morali.

Cour européenne : Pas de crucifix dans les écoles

Le crucifix dans les classes viole la liberté de conscience des élèves et fait de l’Etat le propagateur de la foi. Ce qui est incompatible avec les valeurs de la démocratie et laïque.

C’est ce qu’a établi par la Cour de Strasbourg, qui a statué en faveur de Mme Soile Lautso, une citoyenne italienne originaire de Finlande, qui en 2002 avait demandé à l’institut d’Etat "Vittorino da Feltre" à Abano Terme (Padoue), fréquenté par ses deux enfants (Dataico et Sami Albertin) d’enlever les crucifix des salles de classe. Ne trouvant pas de satisfaction auprès des tribunaux administratifs italiens, Mme Lautso saisit la Cour européenne, qui en plus d’établir que, dans la salle de classe ne euvent pas être des symboles religieux, a également condamné l’Italie pour l’indemnisation de 5.000 euros pour préjudice moral.

Rappelons que la Cour européenne n’est pas une institution de l’Union européenne.

Notons que les partis de droite mais également de « gauche » en Italie ont protesté contre cette décision.

 

The Dalai Lama in Paris : For the respect of the principle of Separation of Religions and the State

jeudi 18 juin 2009

We have been informed that Mr Bertrand Delanoë, the Mayor of Paris, is going to grant the title of honorary citizen to Tenzin Gyatso, who is regarded by some as the 14th reincarnation of the Dalai Lama.

Article 2 of the 1905 Law of Separation of Religions and the State provides : “The Republic does not recognize, remunerate nor subsidize any religion “. That imposes a duty of neutrality for all the people’s representatives in the Republic towards all religions. The Dalai Lama is a religious leader. Honouring him as a guest and granting him a medal does not only mean recognizing the Buddhist religion, rather it also means rewarding this religion.

The Paris Federation of Libre Pensée Strongly denounces this violation of secularism.

Guaranteed in the 1905 Law, secularism has played a major role in safeguarding the freedom of conscience, which includes the right to believe in a religion according to one’s personal choice or to believe in none. The freedom of religion is guaranteed by the freedom of conscience, not the other way round. That is what we want to tell the Mayor of Paris on this occasion.

Moreover, the Libre Pensée rejects the alleged “democratic values” of the Dalai Lama. It reminds that the latter was trained by Heinrich Harrer, a member of the Waffen SS, who in his book “Seven years in Tibet” wrote that he was delighted to see that “the Tibetan monks’ domination is absolute. It is a typical example of clerical dictatorship”. As for us, we simply recall that the Tibetan monks have imposed a feudal system based on serfdom upon the Tibetan population.

Whether Revolution or counter-revolution ?

Counter-revolutions, dictators, Churches are widely honored in Paris. Streets and places named after Thiers, Mohammed V and John-Paul II Square, along with Theodor Herzl (the founder of Zionism) Big Business and Religion have more than their share. But when are we to honor one of the greatest figure of the French Revolution and the Republic ?

When will there be one Robespierre Street ?

Paris, June 4, 2009

 

L’idée Libre - Revue de la Libre Pensée

jeudi 30 avril 2009

Libre Pensée et liberté de conscience à travers le monde

Numéro 284 - Mars 2009

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Au sommaire de ce nouveau numéro (extraits) :

- Le congrès mondial de la Libre Pensée à Rome en 1904 (J.M. Schiappa)
- 1905 : congrès mondial de la Libre Pensée à Paris
- Des Libres Penseurs dans l’armée de l’Union pendant la Guerre de Sécession (Fred Whitehead)
- La Contre-Réforme catholique du XXe siècle (F.A. Ridley)
- La sépartion des Eglises et de l’Etat existe-t-elle en Australie et en Nouvelle-Zélande ? (Max Wallace)
- Libre pensée et humanisme en Afrique francophone (Leo Igwe)
- Confessionnalité et laïcité dans l’histoire du Québec (Henri Laberge)
- La séparation du gouvernement et de la religion en Norvège (Roar Johnsen)
- Eléments sur l’histoire de la Libre Pensée en Italie (Maria Mantello)

Pour acheter ce numéro : http://www.librepenseefrance.ouvaton.org Rubrique "librairie"

 

Cité laïque numéro 14

lundi 30 mars 2009

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Au sommaire du nouveau numéro :

- Le rapport du président (Henri Laberge) ;
- Le point sur les prières municipales (Marie-Michelle Poisson) ;
- De quel athéisme et de quelle laïcité s’agit-il ? (Henri Laberge) ;
- États-Unis : la religion civile fait obstacle à la laïcité (Paul Drouin et Claude Saint-Laurent) ;
- La grande récupération : le Vatican dénature la sélection naturelle (Daniel Baril) ;
- Les grands humanistes québécois : Félix d’Hérelle (Claude Braun) ;
- Pour la procréation assistée (Claude Braun) ;
- Pour le suicide assisté (Claude Braun) ;
- Les immigrants et la ferveur religieuse (David Rand) ;
- La « religion du Canadien » : et si c’était la religion qui empruntait au hockey ? (Daniel Baril) ;
- Rubrique livres : Les couleurs de l’humanisme, de l’AHQ (Gérald Blanchard) ; Le code pour une éthique globale, de Rodrigue Tremblay (Daniel Baril) ; Tableau des saints, du baron d’Holbach (Daniel Laprès)

La revue est accessible à l’adresse suivante : Cité laïque numéro 14 http://www.mlq.qc.ca/pdf/citelaique... [PDF de 6 Mo environ]

 

Mouvement laïque québécois

lundi 30 mars 2009

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Contestation des prières : la campagne de financement se poursuit

Vous avez répondu en grand nombre et généreusement à l’appel lancé en février dernier afin de soutenir financièrement les actions menées contre les prières dans les assemblées municipales à Saguenay et à Trois-Rivières. Le MLQ remercie sincèrement les donateurs qui ont contribué à cette campagne à ce jour et rappelle à tous qu’elle est toujours en cours. Toute contribution , aussi modeste soit-elle, est d’un grand secours pour un organisme comme le nôtre qui ne dispose d’aucune subvention publique. Une bonne façon d’apporter votre appui est d’adhérer au MLQ ou, si c’est déjà le cas, de verser un don à la mesure de vos moyens. Vous pouvez le faire de façon simple et sécuritaire au moyen du service PayPal (par la page Faire un don au MLQ http://www.mlq.qc.ca/vx/7_pub/dons/) et nous privilégions ce moyen. Vous pouvez aussi envoyer votre chèque libellé au nom du Mouvement laïque québécois (avec la précision « campagne de financement » en rubrique) par la poste à :

Mouvement laïque québécois C.P. 32132, succ. Saint-André Montréal H2L 4Y5

Étant considéré comme un groupe aux objectifs politiques, le MLQ ne peut malheureusement émettre de reçus pour exemption fiscale. Nous vous remercions de votre compréhension et de votre appui.

 
Sur le Web : site du MLQ