Intervention de Philippe Foussier

Président du Comité Laïcité République
mardi 9 décembre 2008
par cilalp_2
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Citoyennes, citoyens, chers amis,

Tout d’abord, merci à la Libre Pensée d’avoir convié le Comité Laïcité République à ce rassemblement laïque. Je vois que, malgré les commentaires sur l’affluence autour de Benoît XVI, il reste quelques réfractaires. J’imagine que vous n’avez pas trouvé de place dans le train pour Lourdes ! Et vous avez aussi renoncé à ces interminables retransmissions spéciales que les chaînes de télévision proposent pour s’assurer que personne n’échappera aux propos de l’éminent intellectuel Joseph Ratzinger. Je suppose aussi que vous avez apprécié le recul très professionnel des journalistes qui n’en finissent plus de dérouler des « éminences » et des « sainteté », des « monseigneur » et des « excellences » longs comme le bras. Et j’imagine que, comme moi, vous vous êtes dits que tout cela fleurait bon l’Ancien Régime. D’ailleurs, à propos d’Ancien Régime, vous aurez remarqué que les républicains de ce pays ont changé de mours : on ne raccourcit plus les imprudents qui accolent le numéro 16 à leur prénom. Benoît ne doit donc pas être superstitieux ! Mais j’arrête là les moqueries. Si cela se trouve, à l’heure qu’il est, dans une grotte des Pyrénées, non loin de Tarbes, un nouveau miracle se produit. Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Avec 70 ans de retard, le Pape vient d’ailleurs de déclarer que « Etre antisémite, c’est être antichrétien ». Dommage que ça ne soit pas sorti de la bouche de Pie XII en 1938 ! Dire cela aujourd’hui, c’est bien sympathique, mais ça ne mange pas de pain. Y compris pour ceux qui savent les multiplier.

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Avant d’aborder notre sujet de façon un peu plus sérieuse, je voulais évoquer devant vous la lecture de quelques articles de presse selon lesquels les mouvements insensibles à la ferveur qui a gagné depuis vendredi Paris et aujourd’hui Lourdes seraient placés sous haute surveillance. On marche sur la tête ! Nous réclamons ni plus ni moins l’application et le respect de la loi de 1905 et de la Séparation. Nous sommes de parfaits légalistes. Nous demandons simplement que la loi républicaine et les principes constitutionnels s’appliquent et c’est nous qu’on surveille, qu’on contrôle, qu’on encadre. C’est le monde à l’envers ! Les menaces contre l’ordre républicain, elles ne viennent pas de nous !

C’est d’ailleurs le monde à l’envers aussi dans la mesure ou, au lieu de nous diriger vers le progrès, nous allons tout droit vers le passé. Vous avez noté : toute la presse -quasiment- à l’unisson pour se prosterner devant le « Saint Père », que dis-je le « Très Saint Père ». On avait déjà eu il est vrai un avant goût de déferlement dévot avec la visite du dalaï lama il y a quelques semaines. Cette fois-ci, quelque 700 « intellectuels », de Philippe Sollers à Valéry Giscard d’Estaing en passant par Jacques Julliard et Jean Tibéri, sont allés au Collège des Bernardins écouter un discours qu’on nous a décrit comme n’étant pas destiné au grand public.

Cela veut dire que c’était compliqué à comprendre. Songez plutôt : avant d’être Pape, Joseph Ratzinger a fait beaucoup de choses -même dans sa jeunesse, mais il y a prescription, il parait- et notamment préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Ce n’est un secret pour personne, c’est ainsi qu’a été rebaptisée la « Sainte Inquisition » en décembre 1965. Il doit donc connaître plein de choses formidables auxquelles n’a pas accès le commun des mortels. Mais nous ne sommes pas ici pour parler des choses qui fâchent. Et puis l’Eglise catholique a fait repentance, alors n’en parlons plus !

Ce qui nous intéresse davantage en réalité, c’est le comportement des autorités publiques, des dirigeants de notre République. Le président de la République nous explique ainsi que la France se couperait de son histoire si elle reniait l’importance du catholicisme et de la chrétienté en général. Personne ne nie cela ! Mais cela ne justifie pas que l’on veuille rétablir un ordre qui prévalait à l’époque où le pouvoir spirituel régentait la vie des hommes dans toutes leurs dimensions.

Or M. Sarkozy veut nous faire revenir en arrière : au concordat. Mais c’est précisément au nom de l’histoire de la France, au vu de l’histoire du catholicisme dans ce pays, que la loi de 1905 a été rédigée. Faut-il rappeler qu’elle fut alors une loi de compromis, d’équilibre. Que si elle a mécontenté l’épiscopat et l’Action française, elle a aussi profondément heurté les plus hostiles au pouvoir de l’Eglise ! Rappelons-nous le combat d’hommes comme Maurice Allard, député du Var, représentatif de ce courant.

Imaginée par Jaurès, par Briand, par Buisson, cette loi permet la concorde, elle scelle la paix civique et sociale entre deux France qui persistent à exister. La loi de décembre 1905 est donc un facteur de paix dans notre pays. Inutile de dire, chacun le sait, que si la religion a été à la source de créations artistiques magnifiques, elle a aussi été à l’origine de violences et de persécutions abominables. Rien ne sert d’énumérer les uns et les autres. Notre histoire est le fruit de ces oppositions.

La loi de 1905 a précisément garanti la liberté de conscience et donc la liberté de pratiquer ou de ne pas pratiquer. Comme nous le proclamons volontiers au CLR, la laïcité n’est pas une opinion, c’est la liberté d’en avoir une. Elle est une chance pour les religions. Si nous retombons dans un système concordataire, cela signifie que les religions voudront à nouveau jouer un rôle officiel dans les affaires publiques. Mais qui peut affirmer sérieusement que les catholiques ou d’autres religieux sont empêchés de pratiquer leur culte ou de s’exprimer en France ? Soyons un peu sérieux ! Le jour où l’on respectera autant l’expression des non-croyants ou des libres-penseurs, nous en reparlerons !

M. Sarkozy, nous respectons vos convictions religieuses, mais celles-ci ne doivent pas vous autoriser à briser la paix civile, à rouvrir de vieilles fractures, à déséquilibrer ce fragile compromis élaboré en 1905. D’ailleurs, à cet instant, je veux dire combien il serait facile de ne s’en prendre qu’à M. Sarkozy. Vous l’avez entendu, il nous a resservi sa laïcité « positive » des discours de Latran et de Riyad, il a même ajouté un nouvel adjectif, « ouverte ». Cela ne vous rappelle pas quelque chose ? Mais si, bien sûr ! Car la droite n’attaquerait pas aussi clairement la laïcité si la gauche -une certaine gauche.- ne lui avait pas préparé le terrain depuis 25 ans. Car la laïcité « ouverte », la laïcité « plurielle », ce n’est pas le RPR ou l’UMP qui les ont inventées ! En bon tacticien, M. Sarkozy a repris la balle au bond. Mais la dénaturation de la laïcité, ce révisionnisme indigne, c’est d’une gauche qui historiquement aurait du en être la première gardienne qu’ils sont venus. Nous ne sommes pas dupes !

Pour conclure, j’aurai pu vous citer du Benoît XVI, mais parce que je n’ai pas encore bien digéré la pensée papale -dans tous les sens du terme-, je me cantonnerai à Jean Jaurès : « La laïcité et le progrès social, ce sont deux formules indivisibles. Nous n’oublierons ni l’une ni l’autre. Et en républicains, nous lutterons pour toutes les deux ».

Vive la République laïque !


Brèves

Italie : pas de crucifix dans les écoles

jeudi 5 novembre 2009

Nos amis de la Fédération Italienne de Libre Pensée « Giordano Bruno » nous font parvenir cette importante nouvelle :

Corte Europea : Niente crocifissi a scuola

Il crocifisso nelle aule scolastiche viola la libertà di coscienza degli alunni e fa dello Stato il propagatore di una fede. Il che è incompatibile con i valori della democrazia laica.

E’ quanto ha stabilito la Corte di Strasburgo, che ha dato ragione alla signora Soile Lautsi, cittadina italiana originaria della Finlandia, che nel 2002 aveva chiesto all’istituto statale "Vittorino da Feltre" di Abano Terme (Padova), frequentato dai suoi due figli (Dataico e Sami Albertin), di togliere i crocefissi dalle aule. Non avendo trovato soddisfazione dai tribunali amministrativi italiani, la signora Lautsi si è rivolta alla Corte Europea, che oltre a stabilire che nelle aule scolastiche non possono esserci simboli di fede, ha anche condannato l’Italia ad risarcimento di 5000 euro per danni morali.

Cour européenne : Pas de crucifix dans les écoles

Le crucifix dans les classes viole la liberté de conscience des élèves et fait de l’Etat le propagateur de la foi. Ce qui est incompatible avec les valeurs de la démocratie et laïque.

C’est ce qu’a établi par la Cour de Strasbourg, qui a statué en faveur de Mme Soile Lautso, une citoyenne italienne originaire de Finlande, qui en 2002 avait demandé à l’institut d’Etat "Vittorino da Feltre" à Abano Terme (Padoue), fréquenté par ses deux enfants (Dataico et Sami Albertin) d’enlever les crucifix des salles de classe. Ne trouvant pas de satisfaction auprès des tribunaux administratifs italiens, Mme Lautso saisit la Cour européenne, qui en plus d’établir que, dans la salle de classe ne euvent pas être des symboles religieux, a également condamné l’Italie pour l’indemnisation de 5.000 euros pour préjudice moral.

Rappelons que la Cour européenne n’est pas une institution de l’Union européenne.

Notons que les partis de droite mais également de « gauche » en Italie ont protesté contre cette décision.

 

The Dalai Lama in Paris : For the respect of the principle of Separation of Religions and the State

jeudi 18 juin 2009

We have been informed that Mr Bertrand Delanoë, the Mayor of Paris, is going to grant the title of honorary citizen to Tenzin Gyatso, who is regarded by some as the 14th reincarnation of the Dalai Lama.

Article 2 of the 1905 Law of Separation of Religions and the State provides : “The Republic does not recognize, remunerate nor subsidize any religion “. That imposes a duty of neutrality for all the people’s representatives in the Republic towards all religions. The Dalai Lama is a religious leader. Honouring him as a guest and granting him a medal does not only mean recognizing the Buddhist religion, rather it also means rewarding this religion.

The Paris Federation of Libre Pensée Strongly denounces this violation of secularism.

Guaranteed in the 1905 Law, secularism has played a major role in safeguarding the freedom of conscience, which includes the right to believe in a religion according to one’s personal choice or to believe in none. The freedom of religion is guaranteed by the freedom of conscience, not the other way round. That is what we want to tell the Mayor of Paris on this occasion.

Moreover, the Libre Pensée rejects the alleged “democratic values” of the Dalai Lama. It reminds that the latter was trained by Heinrich Harrer, a member of the Waffen SS, who in his book “Seven years in Tibet” wrote that he was delighted to see that “the Tibetan monks’ domination is absolute. It is a typical example of clerical dictatorship”. As for us, we simply recall that the Tibetan monks have imposed a feudal system based on serfdom upon the Tibetan population.

Whether Revolution or counter-revolution ?

Counter-revolutions, dictators, Churches are widely honored in Paris. Streets and places named after Thiers, Mohammed V and John-Paul II Square, along with Theodor Herzl (the founder of Zionism) Big Business and Religion have more than their share. But when are we to honor one of the greatest figure of the French Revolution and the Republic ?

When will there be one Robespierre Street ?

Paris, June 4, 2009

 

L’idée Libre - Revue de la Libre Pensée

jeudi 30 avril 2009

Libre Pensée et liberté de conscience à travers le monde

Numéro 284 - Mars 2009

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Au sommaire de ce nouveau numéro (extraits) :

- Le congrès mondial de la Libre Pensée à Rome en 1904 (J.M. Schiappa)
- 1905 : congrès mondial de la Libre Pensée à Paris
- Des Libres Penseurs dans l’armée de l’Union pendant la Guerre de Sécession (Fred Whitehead)
- La Contre-Réforme catholique du XXe siècle (F.A. Ridley)
- La sépartion des Eglises et de l’Etat existe-t-elle en Australie et en Nouvelle-Zélande ? (Max Wallace)
- Libre pensée et humanisme en Afrique francophone (Leo Igwe)
- Confessionnalité et laïcité dans l’histoire du Québec (Henri Laberge)
- La séparation du gouvernement et de la religion en Norvège (Roar Johnsen)
- Eléments sur l’histoire de la Libre Pensée en Italie (Maria Mantello)

Pour acheter ce numéro : http://www.librepenseefrance.ouvaton.org Rubrique "librairie"

 

Cité laïque numéro 14

lundi 30 mars 2009

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Au sommaire du nouveau numéro :

- Le rapport du président (Henri Laberge) ;
- Le point sur les prières municipales (Marie-Michelle Poisson) ;
- De quel athéisme et de quelle laïcité s’agit-il ? (Henri Laberge) ;
- États-Unis : la religion civile fait obstacle à la laïcité (Paul Drouin et Claude Saint-Laurent) ;
- La grande récupération : le Vatican dénature la sélection naturelle (Daniel Baril) ;
- Les grands humanistes québécois : Félix d’Hérelle (Claude Braun) ;
- Pour la procréation assistée (Claude Braun) ;
- Pour le suicide assisté (Claude Braun) ;
- Les immigrants et la ferveur religieuse (David Rand) ;
- La « religion du Canadien » : et si c’était la religion qui empruntait au hockey ? (Daniel Baril) ;
- Rubrique livres : Les couleurs de l’humanisme, de l’AHQ (Gérald Blanchard) ; Le code pour une éthique globale, de Rodrigue Tremblay (Daniel Baril) ; Tableau des saints, du baron d’Holbach (Daniel Laprès)

La revue est accessible à l’adresse suivante : Cité laïque numéro 14 http://www.mlq.qc.ca/pdf/citelaique... [PDF de 6 Mo environ]

 

Mouvement laïque québécois

lundi 30 mars 2009

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Contestation des prières : la campagne de financement se poursuit

Vous avez répondu en grand nombre et généreusement à l’appel lancé en février dernier afin de soutenir financièrement les actions menées contre les prières dans les assemblées municipales à Saguenay et à Trois-Rivières. Le MLQ remercie sincèrement les donateurs qui ont contribué à cette campagne à ce jour et rappelle à tous qu’elle est toujours en cours. Toute contribution , aussi modeste soit-elle, est d’un grand secours pour un organisme comme le nôtre qui ne dispose d’aucune subvention publique. Une bonne façon d’apporter votre appui est d’adhérer au MLQ ou, si c’est déjà le cas, de verser un don à la mesure de vos moyens. Vous pouvez le faire de façon simple et sécuritaire au moyen du service PayPal (par la page Faire un don au MLQ http://www.mlq.qc.ca/vx/7_pub/dons/) et nous privilégions ce moyen. Vous pouvez aussi envoyer votre chèque libellé au nom du Mouvement laïque québécois (avec la précision « campagne de financement » en rubrique) par la poste à :

Mouvement laïque québécois C.P. 32132, succ. Saint-André Montréal H2L 4Y5

Étant considéré comme un groupe aux objectifs politiques, le MLQ ne peut malheureusement émettre de reçus pour exemption fiscale. Nous vous remercions de votre compréhension et de votre appui.

 
Sur le Web : site du MLQ