À propos des vêtements religieux dans la vie privée

mardi 22 septembre 2009
par cilalp_2
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À l’occasion de son congrès national réuni en Savoie du 24 au 26 août 2009, la Fédération nationale de la Libre Pensée tient à rappeler ses positions de principe quant à la laïcité institutionnelle, et au respect des libertés démocratiques fondamentales qui garantissent le respect de la vie privée des citoyennes et citoyens de ce pays.

Une campagne médiatique d’importance a débuté à la fin du mois de juin, à partir de l’initiative d’un député du PCF, rejoint par une majorité de députés de droite, pour stigmatiser le port de la burqa et du niqab en dehors de l’École publique, de l’Administration et des autres services publics. Cette démarche a été entendue et amplifiée par le Président de la République dans son discours devant le Congrès à Versailles.

Rappelons que Nicolas Sarkozy ne nous avait pas habitués à se parer des vertus de la défense de la laïcité. Bien au contraire, puisqu’il insiste depuis des années sur la « nécessaire place » des religions dans la société et la vie publique. Une mission d’information parlementaire devrait remettre un rapport sur cette question.

Qu’est-ce que la laïcité ?

La laïcité n’est pas une philosophie ni un art de vivre, c’est un mode d’organisation politique des institutions. Elle vise, par la séparation des Églises et de l’État (loi de 1905), à distinguer institutionnellement le domaine de l’Administration et des services publics du domaine privé de la vie des citoyens.

La laïcité, comme principe politique d’organisation, s’applique aux institutions et non aux individus. C’est cette claire distinction, mise en œuvre par la loi sur la liberté d’association du 1er juillet 1901, et par la Loi du 9 décembre 1905 qui garantit la non-ingérence des conceptions métaphysiques dans le domaine public pour mieux garantir la liberté d’opinion et de comportement dans le domaine privé.

Dans cette acception, il est logiquement républicain et laïque d’interdire tout signe d’appartenance religieux à l’École publique et pour les agents du service public. C’est ce qu’ont fait la loi Goblet de 1886, la Loi de 1905 et les circulaires Jean Zay de 1936 et 1937. En revanche, la loi n’a pas à dicter les modes vestimentaires dans le domaine privé, ou tout autre comportement, tant que ceux-ci ne sont pas une menace pour la vie d’autrui.

On ne combat pas un totalitarisme en le remplaçant par un autre

Il est indéniable que le port imposé de la burqa ou du niqab est un symbole de l’oppression. Mais en quoi le port de la soutane pour les prêtres, de la robe de bure pour les moines, de la robe et de la cornette pour les religieuses, du schtreimel, du spodik ou du caftan pour certains juifs est-il moins oppressif que le port de la burqa pour certaines musulmanes ? Rappelons que ce sont toujours les dictatures qui ont voulu imposer un mode de vie et des modes vestimentaires. En 1872, le tsar Alexandre II a interdit, en Pologne, alors sous occupation russe, le port des papillotes et des longs manteaux (costume traditionnel) pour les juifs. Le Code civil de Napoléon Ier interdisait le port du pantalon pour les femmes. De 1967 à 1974, la Grèce des colonels a interdit les cheveux longs et la minijupe. L’Histoire regorge de ces tentatives totalitaires de vouloir régenter la vie des gens.

« Lorsque le fanatisme est mis au service d’une cause ignoble, on peut le regretter, on doit le combattre, mais on peut le comprendre – intellectuellement –, car on est dans un système cohérent où les causes et les effets, les objectifs et les moyens, correspondent comme dans un puzzle parfaitement ajusté. Mais lorsque le fanatisme est mis au service d’une cause, la plus noble soit-elle, il dégrade et disqualifie ipso facto cette cause dont il prétend servir la promotion. Pourquoi ? Parce que l’être humain est un être complexe, capable de massacrer ses contemporains au nom de l’amour, de les enchaîner au nom de la liberté, de les rendre fous au nom de la raison et, en somme, de faire régner la terreur au nom de la vertu » (Alain Graesel, ancien Grand Maître de la Grande Loge de France).

La burqa, la soutane, le caftan, sont des tenues imposées pour uniformiser la vie de ceux qui les portent, et « tout uniforme est une livrée » (Ferdinand Buisson). Pourquoi, dès lors, distinguer entre les oppressions vestimentaires ? Pourquoi interdire l’une et autoriser les autres ?

Défendre les libertés démocratiques

« La liberté, c’est toujours défendre la liberté de celui qui pense autrement » (Rosa Luxembourg). On va commencer par interdire tel vêtement, et demain où cela s’arrêtera-t-il ? Il fut une époque où il était interdit de s’embrasser dans la rue. Va-t-on nous faire tous marcher au pas de l’oie ?

Nous sommes dans une société qui ferait apparaître le régime de Big Brother dans « 1984 » d’Orwell pour un jardin d’enfants. Nous sommes fichés, surveillés, contrôlés, inspectés, fouillés en permanence. Par les systèmes informatiques, les possesseurs de la puissance électronique et du pouvoir politique peuvent tout savoir sur nous. Il y avait, sans doute, moins de risque, pour la confidentialité de ses opinions, à écouter Radio-Londres en 1942 qu’à surfer aujourd’hui sur Internet.

Et l’on va nous dire ce qui est autorisé ou pas comme vêtements ? Insidieusement, par cette campagne médiatique, certains forgent un ordre moral qui n’ose pas dire son nom. On entre de plain-pied dans le politiquement correct et la pensée unique. On cherche à formater la société.

Après le délit de sale gueule, va-t-on avoir le délit de sale vêtement ?

C’est une conception néo-totalitaire. Rappelons qu’en 1905 ce type de débat a déjà eu lieu : fallait-il une Loi de Séparation des Églises et de l’État, ou une loi de destruction des religions ? Le débat politique était clairement posé : État laïque ou État athée ? La Libre Pensée s’est retrouvée très majoritairement, avec Jean Jaurès, dans la proposition d’Aristide Briand pour une séparation : « Une loi n’a jamais pu, heureusement, réussir à réduire, ni les individus, ni les groupements d’individus, encore moins leur pensée, à l’impuissance. Une telle loi qui se proposerait un tel but ne pourrait être qu’une loi de persécution et de tyrannie. »

Fidèle à cette tradition démocratique, la Fédération nationale de la Libre Pensée examinera les conclusions de la mission parlementaire d’information et, à partir des principes ci-dessus énoncés, formulera alors ses conclusions publiquement.

Adopté à l’unanimité


Brèves

Italie : pas de crucifix dans les écoles

jeudi 5 novembre 2009

Nos amis de la Fédération Italienne de Libre Pensée « Giordano Bruno » nous font parvenir cette importante nouvelle :

Corte Europea : Niente crocifissi a scuola

Il crocifisso nelle aule scolastiche viola la libertà di coscienza degli alunni e fa dello Stato il propagatore di una fede. Il che è incompatibile con i valori della democrazia laica.

E’ quanto ha stabilito la Corte di Strasburgo, che ha dato ragione alla signora Soile Lautsi, cittadina italiana originaria della Finlandia, che nel 2002 aveva chiesto all’istituto statale "Vittorino da Feltre" di Abano Terme (Padova), frequentato dai suoi due figli (Dataico e Sami Albertin), di togliere i crocefissi dalle aule. Non avendo trovato soddisfazione dai tribunali amministrativi italiani, la signora Lautsi si è rivolta alla Corte Europea, che oltre a stabilire che nelle aule scolastiche non possono esserci simboli di fede, ha anche condannato l’Italia ad risarcimento di 5000 euro per danni morali.

Cour européenne : Pas de crucifix dans les écoles

Le crucifix dans les classes viole la liberté de conscience des élèves et fait de l’Etat le propagateur de la foi. Ce qui est incompatible avec les valeurs de la démocratie et laïque.

C’est ce qu’a établi par la Cour de Strasbourg, qui a statué en faveur de Mme Soile Lautso, une citoyenne italienne originaire de Finlande, qui en 2002 avait demandé à l’institut d’Etat "Vittorino da Feltre" à Abano Terme (Padoue), fréquenté par ses deux enfants (Dataico et Sami Albertin) d’enlever les crucifix des salles de classe. Ne trouvant pas de satisfaction auprès des tribunaux administratifs italiens, Mme Lautso saisit la Cour européenne, qui en plus d’établir que, dans la salle de classe ne euvent pas être des symboles religieux, a également condamné l’Italie pour l’indemnisation de 5.000 euros pour préjudice moral.

Rappelons que la Cour européenne n’est pas une institution de l’Union européenne.

Notons que les partis de droite mais également de « gauche » en Italie ont protesté contre cette décision.

 

The Dalai Lama in Paris : For the respect of the principle of Separation of Religions and the State

jeudi 18 juin 2009

We have been informed that Mr Bertrand Delanoë, the Mayor of Paris, is going to grant the title of honorary citizen to Tenzin Gyatso, who is regarded by some as the 14th reincarnation of the Dalai Lama.

Article 2 of the 1905 Law of Separation of Religions and the State provides : “The Republic does not recognize, remunerate nor subsidize any religion “. That imposes a duty of neutrality for all the people’s representatives in the Republic towards all religions. The Dalai Lama is a religious leader. Honouring him as a guest and granting him a medal does not only mean recognizing the Buddhist religion, rather it also means rewarding this religion.

The Paris Federation of Libre Pensée Strongly denounces this violation of secularism.

Guaranteed in the 1905 Law, secularism has played a major role in safeguarding the freedom of conscience, which includes the right to believe in a religion according to one’s personal choice or to believe in none. The freedom of religion is guaranteed by the freedom of conscience, not the other way round. That is what we want to tell the Mayor of Paris on this occasion.

Moreover, the Libre Pensée rejects the alleged “democratic values” of the Dalai Lama. It reminds that the latter was trained by Heinrich Harrer, a member of the Waffen SS, who in his book “Seven years in Tibet” wrote that he was delighted to see that “the Tibetan monks’ domination is absolute. It is a typical example of clerical dictatorship”. As for us, we simply recall that the Tibetan monks have imposed a feudal system based on serfdom upon the Tibetan population.

Whether Revolution or counter-revolution ?

Counter-revolutions, dictators, Churches are widely honored in Paris. Streets and places named after Thiers, Mohammed V and John-Paul II Square, along with Theodor Herzl (the founder of Zionism) Big Business and Religion have more than their share. But when are we to honor one of the greatest figure of the French Revolution and the Republic ?

When will there be one Robespierre Street ?

Paris, June 4, 2009

 

L’idée Libre - Revue de la Libre Pensée

jeudi 30 avril 2009

Libre Pensée et liberté de conscience à travers le monde

Numéro 284 - Mars 2009

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Au sommaire de ce nouveau numéro (extraits) :

- Le congrès mondial de la Libre Pensée à Rome en 1904 (J.M. Schiappa)
- 1905 : congrès mondial de la Libre Pensée à Paris
- Des Libres Penseurs dans l’armée de l’Union pendant la Guerre de Sécession (Fred Whitehead)
- La Contre-Réforme catholique du XXe siècle (F.A. Ridley)
- La sépartion des Eglises et de l’Etat existe-t-elle en Australie et en Nouvelle-Zélande ? (Max Wallace)
- Libre pensée et humanisme en Afrique francophone (Leo Igwe)
- Confessionnalité et laïcité dans l’histoire du Québec (Henri Laberge)
- La séparation du gouvernement et de la religion en Norvège (Roar Johnsen)
- Eléments sur l’histoire de la Libre Pensée en Italie (Maria Mantello)

Pour acheter ce numéro : http://www.librepenseefrance.ouvaton.org Rubrique "librairie"

 

Cité laïque numéro 14

lundi 30 mars 2009

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Au sommaire du nouveau numéro :

- Le rapport du président (Henri Laberge) ;
- Le point sur les prières municipales (Marie-Michelle Poisson) ;
- De quel athéisme et de quelle laïcité s’agit-il ? (Henri Laberge) ;
- États-Unis : la religion civile fait obstacle à la laïcité (Paul Drouin et Claude Saint-Laurent) ;
- La grande récupération : le Vatican dénature la sélection naturelle (Daniel Baril) ;
- Les grands humanistes québécois : Félix d’Hérelle (Claude Braun) ;
- Pour la procréation assistée (Claude Braun) ;
- Pour le suicide assisté (Claude Braun) ;
- Les immigrants et la ferveur religieuse (David Rand) ;
- La « religion du Canadien » : et si c’était la religion qui empruntait au hockey ? (Daniel Baril) ;
- Rubrique livres : Les couleurs de l’humanisme, de l’AHQ (Gérald Blanchard) ; Le code pour une éthique globale, de Rodrigue Tremblay (Daniel Baril) ; Tableau des saints, du baron d’Holbach (Daniel Laprès)

La revue est accessible à l’adresse suivante : Cité laïque numéro 14 http://www.mlq.qc.ca/pdf/citelaique... [PDF de 6 Mo environ]

 

Mouvement laïque québécois

lundi 30 mars 2009

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Contestation des prières : la campagne de financement se poursuit

Vous avez répondu en grand nombre et généreusement à l’appel lancé en février dernier afin de soutenir financièrement les actions menées contre les prières dans les assemblées municipales à Saguenay et à Trois-Rivières. Le MLQ remercie sincèrement les donateurs qui ont contribué à cette campagne à ce jour et rappelle à tous qu’elle est toujours en cours. Toute contribution , aussi modeste soit-elle, est d’un grand secours pour un organisme comme le nôtre qui ne dispose d’aucune subvention publique. Une bonne façon d’apporter votre appui est d’adhérer au MLQ ou, si c’est déjà le cas, de verser un don à la mesure de vos moyens. Vous pouvez le faire de façon simple et sécuritaire au moyen du service PayPal (par la page Faire un don au MLQ http://www.mlq.qc.ca/vx/7_pub/dons/) et nous privilégions ce moyen. Vous pouvez aussi envoyer votre chèque libellé au nom du Mouvement laïque québécois (avec la précision « campagne de financement » en rubrique) par la poste à :

Mouvement laïque québécois C.P. 32132, succ. Saint-André Montréal H2L 4Y5

Étant considéré comme un groupe aux objectifs politiques, le MLQ ne peut malheureusement émettre de reçus pour exemption fiscale. Nous vous remercions de votre compréhension et de votre appui.

 
Sur le Web : site du MLQ