Les activités du Groupe Helsinki de Moscou pour la liberté de conscience et la laïcité

воскресенье 27 июня 2010
par  cilalp_france
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Le Groupe Helsinki de Moscou est la plus ancienne organisation de défense des Droits de l’Homme opérant actuellement en Russie. Le GHM a été fondé le 12 Mai 1976 avec pour but d’exercer une surveillance sur l’activité du gouvernement soviétique dans la sphère des droits humains pour prévenir ses tentatives d’amoindrir la liberté des individus. En ces années très difficiles de totalitarisme, c’était un groupe restreint de gens très courageux, qui osèrent élever leurs voix contre le gouvernement et le pouvoir absolu du parti communiste. Ils proclamèrent l’immense valeur des droits de chaque individu, la liberté de pensée et de mouvement, l’illégalité de l’arbitraire officiel de l’Etat. Il a été nommé Groupe Helsinki de Moscou pour rappeler à l’Etat soviétique que, le 1er Août 1975, les chefs de l’URSS, ayant signé l’Accord final de la Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe tenue à Helsinki, prenaient l’engagement de se conformer aux normes internationales sur les droits humains. Normes qu’ils semblèrent ensuite avoir oubliées lorsqu’elles les incommodaient et qui avaient besoin d’être rappelées et contrôlées par quelqu’un.

Ainsi depuis le tout début de son existence, le GHM s’occupe de révéler les violations des Droits Humains et exerce une pression sur les autorités pour qu’elles remplissent les obligations internationales qu’elles ont contractées dans ce domaine. La position des défenseurs des droits humains étant maintenant beaucoup plus forte qu’à l’époque soviétique (bien qu’encore loin d’être sûre), le Groupe a élargi ses sphères d’intervention. Il travaille dans les domaines de la surveillance des violations de toutes sortes des Droits Humains et des libertés, de l’assistance juridictionnelle aux victimes de l’arbitraire de l’Etat, de la diffusion d’information dans tous les pays de l’ex-Union soviétique, de l’éducation et de la sensibilisation des individus pour qu’ils connaissent leurs droits et libertés, du soutien aux autres ONG, militants et petits groupes qui défendent les droits humains à travers la Russie. Le GHM a fait tous les efforts possibles pour renforcer et promouvoir la société civile en Russie et dans les pays voisins. Plus de 100 organisations de défense des droits humains participent à des projets communs avec le GHM.

Liberté de conscience et d’expression en Russie

L’importance de ces libertés fondamentales est évidente pour les gens des pays civilisés libres, habitués à vivre dans le monde où l’information sur chaque sujet est diffusée et accessible librement, où l’Etat n’intervient pas dans la sphère privée. C’est n’est malheureusement encore qu’un idéal difficile à réaliser dans le pays où je vis. L’intrusion de l’Etat dans la liberté de conscience n’est qu’un aspect du problème.

Ce n’est pas un secret que la religion favorite des officiels du gouvernement russe est le Christianisme Orthodoxe. Cette tendance a un impact pour tous les Russes dans leur vie quotidienne. C’est difficile de diffuser une quelconque information dans les rues des villes en Russie (telle que des prospectus, des annonces imprimées en grande quantité) sans avoir obtenu une approbation spéciale de l’Etat. Mais les promoteurs de la religion orthodoxe n’ont jamais eu aucun problème avec ça. Une scène quotidienne typique : près d’une église dans le quartier central de Moscou, un groupe d’individus approche les passants avec des brochures chrétiennes-orthodoxes. Et ce qui cause mon incompréhension n’est pas qu’ils le fassent, mais que je n’ai qu’une petite chance très hasardeuse d’avoir la même opportunité de promouvoir mes propres valeurs. Essayez de sortir avec des brochures, des prospectus ou même une seule affiche par exemple sur la liberté de conscience - vous allez probablement au-devant de gros problèmes (arrestation, confiscation des documents, fouille de vos poches et de vos biens personnels, parfois être menacé et battu par la police). Il y a quantité d’exemples d’un tel traitement : nombreux cas de violence policière contre les organisateurs et participants de la "Marche des Dissidents", etc.

La liberté de manifestation publique en Russie, qui existe sur le papier (Loi sur les assemblées publiques) n’est en réalité qu’un mythe. Beaucoup de demandes pour organiser un évènement à Moscou subissent le contrôle sévère des agents du maintien de l’ordre sur leurs idée principale et slogans. Si l’évènement est consacré à l’un des sujets approuvés par l’Etat, il n’y aura aucun problème. Au contraire, si vous avez la malchance d’exprimer une quelconque des idées divergentes de la ligne de l’Etat, on vous suggérera soit d’annuler l’évènement, soit de l’organiser quelque part dans un endroit désert - comme les banlieues ou un quartier isolé. Essayez d’insister - la police viendra sur le lieu de la rencontre et arrêtera les participants. Un bon exemple est le sort fait à toutes les actions du GHM organisées chaque deuxième mois en 2009-2010 avec pour uniques slogans "Nous demandons la liberté de réunion", "Article 31 de la Constitution". Chaque fois la police a arrêté les participants, les affiches ont été confisquées. L’un des moyens restant d’exprimer publiquement son opinion en Russie est internet, où l’Etat n’a pas encore réussi à interférer.

L’Église Orthodoxe Russe n’a pas de tels problèmes. Les processions orthodoxes marchent librement à travers le centre de Moscou. Les représentants du gouvernement assistent régulièrement aux offices de l’Église, la télévision centrale retransmettant les scènes où on les voit prier. Même l’État prend des mesures spéciales pour garantir une présence massive de gens (spécialement jeunes) aux processions religieuses. C’est encore un exemple d’immixtion de l’État dans la vie privée : forcer les gens à aller où ils n’ont pas envie d’aller et les associer à la confession à laquelle ils n’éprouvent pas l’envie d’appartenir. Plusieurs exemples ont été découverts par notre groupe de surveillance tout récemment : quelqu’un du personnel de l’Université Publique de Design et de Technologie de Moscou a publié sur internet un document où les représentants du gouvernement de Moscou demandent au recteur d’envoyer impérativement 80 participants à la procession orthodoxe jeune dirigée par le patriarche de Russie. Plusieurs étudiants ont aussi écrit sur leurs blogs qu’ils ont été obligés sous la menace par l’administration de leur université d’assister au cours officiellement optionnel sur l’orthodoxie.

En 2007-2008 a débuté une nouvelle initiative du gouvernement pour renforcer l’idéologie orthodoxe. Dans beaucoup de régions du pays le cours nommé "Bases de la Culture orthodoxe" a été introduit à l’école. Au début c’était un cours optionnel, il est devenu progressivement obligatoire pour de plus en plus d’écoliers. C’est ainsi qu’en 2010 un programme fédéral expérimental était introduit dans 18 régions, rendant ce cours obligatoire dans les classes d’écoles publiques pour environ 250 000 enfants. Cette mesure ignore complètement le mécontentement des parents, les protestations publiques et les réclamations d’un grand nombre de citoyens contre le nouveau cours. Selon les résultats de sondages faits par des ONG indépendantes dans 13 régions de Russie, seuls 30% environ des personnes interrogées étaient favorables à un cours de religion à l’école.

Que fait le GHM ?

Dans cette situation le Groupe Helsinki de Moscou considère qu’il est important de prendre toutes les mesures possibles pour protéger la laïcité et la liberté de conscience et d’expression.

Une grande campagne publique pour la liberté d’opinion a débuté. Elle inclut des réunions bimensuelles pour la liberté de réunion chaque 31 d’un mois pour l’Article 31, un grand nombre publications sur ce thème, l’intervention dans les médias et l’aide juridictionnelle pour tous ceux dont la liberté d’opinion a été violée.

Le GHM continue aussi la collecte d’information sur tous ces cas où les droits et libertés ont été violés, l’analysant et la diffusant auprès des médias, de la communauté internationale et des responsables officiels du gouvernement. Les juristes du GHM s’occupent de nombreuses affaires judiciaires dans ce domaine. Pour la liberté de conscience plusieurs appels ouverts ont été adressés par le GHM au gouvernement pour demander de supprimer la matière "Bases de la Culture orthodoxe" à l’école.

En tant que groupe tranvaillant activement avec la jeunesse nous organisons aussi des activités d’éducation et de sensibilisation dans ce domaine - telles que des discussions publiques, des séminaires, de la diffusion de matériel éducatif imprimé. Par exemple les festivals de cinéma à Moscou et dans d’autres villes de Russie, où ont lieu des discussions pour promouvoir la diversité des cultures, pour contrer la xénophobie et le totalitarisme. Une autre activité éducative va avoir lieu à Moscou à la fin de Juillet, l’Ecole d’Eté internationale des Droits Humains. Elle défend le droit qu’a chaque individu de choisir librement ses valeurs, de les exprimer et d’être indépendant de toute idéologie d’Etat.

Pour renforcer les positions de ceux qui pensent librement, le GHM et ses membres soutiennent activement toutes sortes d’associations et de coalitions civiles, telles que le Réseau Civil Pan-Russe, le Youth Human Rights Movement international, la Coalition internationale Contre la Haine - ces réseaux qui renforcent la société civile et permettent aux gens de trouver des personnes qui pensent comme eux, d’exprimer leur solidarité et de protéger collectivement ceux qui en ont besoin de la contrainte de l’Etat. La section jeune du GHM considère hautement important d’entretenir des contacts avec des libres-penseurs de tous pays et l’Assemblée Internationale des Jeunes Libres-Penseurs, et je suis vraiment fière d’être déléguée du GHM à cette rencontre.

Anna Zhuravleva



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